Luttes

République Démocratique du Congo

Leurre de diamants

En République Démocratique du Congo, une soixantaine de contrats miniers sont appelés à être révisés. Objectif : « que les mines congolaises profitent pleinement et réellement à la nation congolaise ». A Mbuji Mayi, au Kasai oriental, les six contrats qui impliquent la société congolaise MIBA, Minière de Bakwanga, ancien géant mondial du diamant, n’ont eu aucun impact positif sur les populations locales. Depuis 15 ans, le crime se généralise dans la ville. Les autorités accusent « les suicidaires », des bandes armées qui opèrent en toute impunité et qui cachent des commanditaires de haut rang. Des réseaux s'organisent, le business se commande de Kinshasa, des milices louent leurs services pour sécuriser les creuseurs, et la surveillance corrompue du jour devient la guérilla organisée de la nuit : une véritable guerre ouverte dans laquelle on enterre les morts sans cérémonie. 

« Aucune action à impact social visible sur le terrain. Cependant, les parties promettent d’exécuter des programmes de développement social en faveur des communautés locales. (...) Le protocole d’accord ne contient aucune disposition en rapport avec la protection de l’environnement. »

Le protocole d’accord désigne la Société Kasaienne de Diamant, une joint-venture installée au Kasai oriental depuis novembre 2005, née d’une alliance entre le géant mondial du diamant sud africain De Beers et la Minière de Bakwanga (MIBA), ancien fleuron de l’époque coloniale et post-coloniale belge au Zaire, devenu la République Démocratique du Congo. Mars 2008, la commission d’enquête sur la révision des contrats miniers rend son rapport après dix mois de travaux. Au total, une soixantaine de contrats qui lient des entreprises congolaises publiques ou para-étatiques et les plus grandes entreprises minières sur le marché mondial ont été mis sur la table.

Ces contrats, signés pour une grande majorité entre 1998, au lendemain de l’arrivée au pouvoir de Laurent Désiré Kabila, et la fin du gouvernement de transition en 2006, sont qualifiés de léonins. Il s’agit à l’époque, pour le Premier Ministre en place Antoine Gizenga, de « placer le secteur minier sous le signe de tolérance zéro et d’assurer une gestion efficiente et un contrôle adéquat du secteur minier afin que les mines congolaises profitent pleinement et réellement à la nation congolaise. »

L’entreprise SKD n’est pas la seule à se contenter de « promettre » des programmes de développement social en faveur des populations du Kasai. La commission d’enquête fait le même constat amer pour les cinq autres sociétés mixtes créées depuis 2005 autour de la MIBA avec les leaders du marché mondial : Elemental Minerals (Australie), Nijne-Lenskoye (Russie), DGI Mining (Israel), BHP Billiton (Australie-UK), Indo Afrique Mining (Chine). La MIBA aurait ainsi cédé un droit d’exploitation sur plus de 45000 des 78 000km2 de sa concession, en échange de royalties et d’argent frais. Quelles retombées au niveau local ? La commission l’écrit clairement : « aucune ». La MIBA continue de vivre sous perfusion, affiche des résultats en baisse d’année en année, exploite pour la troisième fois les mêmes boues et voit sa capacité d’extraction chuter faute d’énergie et de matériel compétitif. Les syndicats dénonçent un démantèlement et une faillite organisée, réclamant dans une grève généralisée en avril 2007, sept mois d’arriérés de salaires, le paiement des frais de scolarité et la prise en charge médicale de leurs familles, comme stipulés dans leur contrat d’embauche. La MIBA, de son côté, multiplie les opérations de communication sur « la relance de l’entreprise ».

 

Janvier 2008, Kabongo Mfuila, président administrateur délégué de la Minière de Bakwanga, présente ses voeux en faisant l’éloge d’un nouveau plan de relance issu du mariage sino-congolais : « Les objectifs dé- finis sont l'augmentation de la production en diamant de 28 000 à 7 ou 8 000 000 par mois, l'amélioration des conditions sociales des travailleurs, l'autofinancement de l’entreprise et la contribution au développement de la province du Kasaï oriental par la réfection du chemin de fer, des routes inter- provinciales et l'augmentation de fourniture en énergie électrique ». 75 000 000 de dollars annoncés.

Huit mois plus tard, une nouvelle poignée de mains scelle devant les caméras un énième plan de sauvetage de la société. Avec IDC cette fois, une société sud africaine.140 000 000 de dollars injectés sous forme de prêts. L’espoir n’a même pas soufflé dans les rues de Mbuji mayi, la capitale provinciale du Kasai. Le chômage n’a plus de chiffre, l’accès à l’eau et l’électricité s’est raréfié ces cinq dernières années, pour atteindre le statut du pur privilège. Vétusté des installations, manque d’entretien, vols à répé- tition des lignes électriques, seules quelques maisons héritées de la période coloniale allument leurs ampoules à la tombée de la nuit. Le reste de la ville est dans l’obscurité totale. Dans l’obscurité et calfeutré dans ses murs. Le banditisme a suivi la même courbe ascendante que la démographie, qui a explosé suite à la libéralisation de l’exploitation du sous-sol. Des milliers de creuseurs artisanaux ont afflué en quête de richesse immédiate vers le « polygone », une zone d’environ 100Km2 au centre de Mbuji Mayi, qui regorge de filons de haute qualité, exploités et hautement sécurisés par la MIBA. Depuis, la ville grandit dans la corruption, les armes et une justice qu’elle s’invente.

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SUICIDAIRES

Une étymologie floue, un nom emboîté d’un adjectif, un sens qui n’en a pas, mais un mot plein d’histoires. Suicidaire, le mot ne court qu’ici, au Kasaï Oriental. À la chute de Mobutu en 1997, les suicidaires étaient de ces « FAZ », des soldats de l’armée régulière défroqués qui n’avaient pas rejoint les forces de Laurent Désiré Kabila lors de la débâcle et qui lançaient des attaques sur les creuseurs de diamants.

Le mouvement a pris son ampleur quand Laurent Désiré Kabila, nouveau président d’un pays ruiné, a décidé de ne plus confier la sécurité du polygone aux militaires, mais à la police. Le trafic, jusque-là balisé, perdait son équilibre, les jalousies naissaient, les luttes d’intérêts s’accentuaient, d’autant plus qu’un fort pourcentage de la production revenait directement aux alliés de Laurent Désiré Kabila durant sa lutte armée, en particulier les Zimbabwe. La production comblait les trous d’une dette de guerre. Aujourd’hui, les suicidaires sont tous les gars armés qui tuent pour le diamant. Et du diamant, tout le monde en veut. Trouver une pierre de qualité, et recruter à son tour des hommes de main. Les salles de classe sont désertées.

A partir de 10 ans les jeunes garçons sont recrutés pour tamiser ou creuser dans des galeries à 30 mètres de profondeur, qui s’effondrent à la première pluie. Les jeunes filles commencent par vendre leur savoir faire dans les cuisines des « gargottes restaurants » installés aux bords des mines. Elles finissent dans l’arrière-cour, dans la drogue, l’alcool, le Valium et les bordels. Quinze ou vingt clients par jour, sans protection, et dans l’intimité d’une chambre sans mur. Une natte et des sacs de toile tendus séparent la chambre d’à côté. Les filles se regardent dans l’horreur et rient de l’ingénuité de leurs surnoms : « canetons ». La corruption se généralise. Des centaines de creuseurs passent tous les jours la ceinture de sécurité pour venir extraire à l'intérieur du polygône. «Pour entrer au polygone, nous sommes obligés de payer les policiers, les FARDC et les blondeaux (sécurité des mines). Et ce sont ces mêmes policiers qui après avoir perçu l’argent comme droit d’entrée, viendront encore nous arrêter pour nous amener au cachot, et là vous devez payer les amendes 5500 Francs Congolais. La nuit au polygone, devant l’arme, tu ne sauras pas distinguer un policier et un suicidaire.» Des réseaux s'organisent, des commanditaires se disputent les gisements, des milices louent leurs services, des démobilisés issus de programmes de réinsertion des groupes armés offrent leurs compétences, des bandes rivales se disputent les gisements les plus généreux, la surveillance policière et militaire corrompue le jour rejoint la guérilla organisée de la nuit : une véritable guerre ouverte dans laquelle on enterre les morts sans cérémonie.

 

Toutes les histoires au bord du polygone sont étouffées. Tout le monde sait... Mais personne ne parle. Les rumeurs les plus folles circulent et les mythes se démontent dans les croyances, le fétichisme et la sorcellerie. Des suicidaires arborent des mains humaines autour du cou. Généraux, ministres, grandes familles, chefs coutumiers, autorités locales, services de renseignements civils, ou dirigeants de la MIBA, tous supervisent leurs mines, tous recrutent des bandes armées pour sécuriser et grossir leurs intérêts, tous veulent de l'argent immédiat et pilotent les opérations en multipliant les intermédiaires. Beaucoup, tout de suite, car la ceinture du polygone n’est déjà plus aussi élastique : la brigade minière, l’armée régulière des FARDC, les services spéciaux défendent leurs propres intérêts, font le ménage et se gonflent les poches avant que le polygone ne s’assèche complètement. Les gêneurs, les petits creuseurs, les petits patrons et les petits suicidaires sont dé- logés de leurs affaires, et se rabattent sur du banditisme en ville. La traque a commencé. Les services spéciaux interrogent, et débarrassent. Les cachots de la ville et la prison centrale regorgent de jeunes gars incarcérés avec la même étiquette : suicidaire. Vrai pour certains, pas pour d’autres, ils étanchent la hargne de l’histoire, mélange de mythe et d’histoires individuelles.

TEMOIGNAGE

KABONGO, CREUSEUR AU POLYGONE.

"C'est à Boya, dans la mine de Tshibowa que j’ai appris à creuser le diamant. J’ai commencé en 1980, quand le président Mobutu a libéralisé l’exploitation artisanale du diamant. J’étais un enfant. Ma mère faisait le petit commerce près des mines. Elle préparait des beignets et les arachides, et j’allais les vendre seul dans les mines. Mais déjà mes grands frères étaient dans les mines pour travailler. Ils étaient payés comme creuseurs. J’ai commencé à travailler avec eux, à tamiser. Je dirai que, à Mbuji Mayi, tous les enfants nés en 1966,1967,1968 ont décidé de devenir creuseurs. Ils ont tous abandonné leurs études. A Boya, la société Sengamine employait seulement les personnes originaires de Boya. Les autres étaient délaissés. Donc nous n’avons pas eu d’autre choix que de rentrer au polygone MIBA. Pour creuser. A la longue, on a découvert un groupe de jeunes qui entraient avec des armes . Nous, on croyait que c’étaient des militaires ou des policiers qui travaillaient pour la MIBA. En fait non. Ces gens n’étaient ni policiers, ni militaires. Ils se faisaient appeler suicidaires.

A la cité, les suicidaires sont toujours à côté des grands patrons et des grandes autorités de la province ou de la ville. Ils roulent avec eux dans leurs véhicules. Ils entrent au polygone et ils font payer tous les creuseurs qui veulent rentrer. Ils les maltraitent aussi. Parfois jusqu’à la mort. Ils tuent aussi des blondeaux (brigade des mines) et des policiers. Ils se donnent des noms : Mukishi, zambe, Scorpion, Ninja… Ils vont chercher des fétiches jusque dans la province du Katanga, et à Mwene Ditu. Ils font des démonstations de leurs fétiches devant les creuseurs, pour impressionner. Parfois on raconte que quand ils s’affrontent entre eux, ou à la police, ils ont le don de disparaitre, ou de se retrouver derrière leur adversaire pour lui tirer une balle dans le dos. Ces histoires créent la panique chez les policiers et les blondeaux. Les suicidaires viennent nous (les creuseurs) chercher pour transporter les sacs de gravier qu’ils ont récoltés ou volés à un autre groupe. Si tu refuses d’obéir, ils te ligotent et te jettent au fond d’un puit. Beaucoup de mes amis sont morts comme ça. Comme les creuseurs ont l’habitude de cacher le diamant dans la bouche, ils te prennent la tête pour la renverser dans de l’eau boueuse.

Jusqu'à ce que tu sois fatigué. Là, il met ses doigts dans ta bouche et prend le diamant. Ils frappent dans le bas du ventre très fort aussi. Après tu pisseras du sang. Ils peuvent te ligoter toute la nuit, tout nu, te laisser dans l’eau. Toi tu vas lutter mais s’il n’y a personne pour te libérer, tu te noies. Des fois, juste avant de tuer, il te demande dans quelle partie de ton corps tu préfères qu’il tire. Si tu dis le pied, il tire dans le pied, et puis il te repose la même question jusqu’à ce que tu demandes toi même qu’il te tire dans le cœur ou la tête parce que tu n’en peux plus de souffrir. Quand tu creuses au puit, tu peux voir un homme venir en sous-vêtements avec de la poudre blanche appliquée sur tout le corps. Il dégage une odeur de parfum. Il porte deux armes, des chaines, et des munitions enroulées autour de la poitrine. C’est un suicidaire avec toute une bande armée. C’est un groupe de creuseurs qui transporte les sacs plein de munitions. Il vient pour voler le gravier aux autres creuseurs et les maltraiter. Il ne craint personne : ni les policiers, ni les militaires quand il en croise. Il peut circuler toute la nuit dans le polygone, en train de chercher le gravier, et à faire payer l’argent à chaque groupe de creuseurs qu’il trouve. Avant que le soleil se lève, il pourra remplir tout un sac d’argent et un gros colis de diamants. Comment expliquer qu’un suicidaire peut obtenir un sac complet de munitions, lui qui n’est pourtant pas un soldat régulier ? Ces gens-là vivent comme des grands patrons à la cité. Je peux dire quoi… que ces gens vivent comme des bandits autorisés et ceux qui les autorisent sont les autorités que nous avons sur place à Mbuji mayi. Ce sont ces autorités qui leur fournissent les armes et les munitions. Ils sont soutenus par les autorités et les hommes d’affaires de la place. Si, souvent, les suicidaires tuent des creuseurs qui habitent le même quartier qu’eux, c’est parce qu’ils sentent que ce creuseur-là a reconnu l’un d’eux dans le polygone. Alors il l’abat sans pitié. Il craint que le creuseur ne les dénonce."

TEMOIGNAGE

ALPHONSINE - 20 ANS, PROSTITUEE DANS LA MINE DE BAKWA TSHIMUNA

"Dans les mines, nous avons à faire avec les fumeurs de chanvre, des hommes qui se droguent tout le temps. Des fois, un homme peut te trouver assise là. Toi tu ne fais rien de mal, tu attends. Lui va te battre sans motif. Quand tu lui demandes pourquoi il te bat, il va te répondre que « c’est normal, parce que tu es sa femme ». Pourtant tu ne le connais même pas. Un autre gars peut te blesser à coups de couteau, te battre fort, et te jeter dans un puit, tout au fond du puit. Tout ça, parce que tu as demandé l’argent juste après avoir couché avec lui. (...) Il y a là des filles de 10,11,12,13 ans qui sont dans les mines.

Ce qui pousse les jeunes filles à aller dans les mines, c’est quand elles voient une fille du même quartier qui revient de la mine avec une belle coiffure et de beaux habits. Là, elles prennent l’envie de partir dans les mines. Même s’il y a la souffrance indescriptible. Surtout pour celles qui arrivent, les mpatu, les canetons, celles qui sont toute jeunes. Elle n’ont pas d’endroit pour rester tranquillement. Il n’y a pas le bonheur et la joie, il n’y a que la souffrance terrible.

Il y a aussi les autres filles, celles qui ne sont pas bien encadrées par les parents, ou celles que l’on a traitées d’enfants sorciers et qui sont chassées de la maison. Elles restent sans rien. Alors les fillettes trouvent mieux de partir dans les mines pour faire de l’argent, pour manger. Elles commencent par aider les mamans qui tiennent les restaurants près des mines en allant chercher l’eau à la rivière, en faisant la vaisselle en échange d’un peu de nourriture. Là, les clients qui viennent manger demandent la fille à la maman du restaurant. La maman éduquera la fille. Elle lui montre comment se comporter devant les hommes. Elle lui dira que si les hommes lui demandent de coucher avec eux, il faut demander l’argent : « il ne faut pas aller avec eux ailleurs, il faut rester derrière le restaurant, dans la chambre que je te donnerai ». S’il n’y a pas de chambre, la maman donne la sienne. « L’argent que l’homme te donnera, dit la maman, il faudra me remettre pour que je garde pour toi. » (...) Les mamans encouragent les filles à faire toujours beaucoup. Surtout les jeunes.

 

Une fille peut arriver vierge, ne pas connaître les hommes, mais les mamans attirent les clients en disant qu’il y a de très jeunes filles. Elles disent « ce sont mes filles, est-ce qu’elles ne te plaisent pas assez pour les prendre comme des femmes ? »Il peut arriver qu’un vieux papa voit que la fille lui plait beaucoup. Tu le verras prendre la fille même si elle n’a pas atteint 11 ans ou 12 ans. Ce papa va la déflorer, et tu verras la fille tomber malade parce qu’elle a eu très mal. Après ça deviendra une habitude pour la fille. A la longue elle deviendra très têtue et insolente. Elle quittera le restaurant de la maman qui l’a « éduquée » et ira chercher une chambre toute seule dans les « mitanda ». Ce sont des bâches de 6m tendues par des branches. On divise 12 chambres dedans. Des chambres de 2m sur 1m, séparées avec des nattes ou la toile des sacs de ciment. On y met une petite mousse de 5 cm. La mousse prend toute la surface.

C’est avec difficulté que tu fais un mouvement sans déranger ceux d’à côté. Nous sommes comme des cochons. Il n’y a pas même un endroit pour mettre tes affaires. Si tu t’allonges complètement, tu peux avoir les pieds qui dépassent dehors, ou tu peux te cogner la tête avec les gens d’a coté. Quand tu allumes la bougie, tu peux voir comment ceux qui sont à côté font. La chambre, c’est 1500FC -trois dollars- par jour. Si la fille ne trouve pas d’hommes dans la journée, le propriétaire la mettra dehors en disant « tu fais chômer ma chambre ». (...) Les hommes, les trafiquants et les creuseurs, préfèrent coucher avec les plus jeunes. On sait que des filles qui prennent du chanvre, beaucoup d’alcool et du diapézan, elles ont un grand appétit sexuel. Un grand besoin. Elles les attirent avec leur manière de s’habiller, elles portent des jupes qui arrivent juste au dessous des fesses, et quand elles se baissent, on voit tout. Les hommes sont attirés. Alors les plus vieilles décident d’arrêter de se vendre, d’ouvrir un petit restaurant au bord de la mine et d’entrainer les jeunes filles pour faire la prostituée et ramener la clientèle vers le restaurant. Dans les mines il y a aussi des hommes qui couchent avec d’autres hommes. Ces hommes introduisent dans leurs fesses des ingrédients, des « cubes magiques ». C’est pour avoir des grosses fesses comme les filles. C’est vrai que ces hommes ressemblent beaucoup aux femmes. Avec des grosses fesses et beaucoup de maquillage. Ils les hébergent comme leurs femmes. Ils font la cuisine, ils s’habillent comme des femmes. Quand ils voient leur « mari » causer avec des filles, ils deviennent jaloux. Il y en a beaucoup dans les mines de Tshilunde, kabamka… Ils disent qu’ils préfèrent les hommes parce que les filles ont beaucoup de maladies. Alors ils préfèrent prendre les hommes. Moi, j’ai toujours été contre la vie que je mène. Chaque jour je demande à dieu de me libérer de cette vie."